1962 ; transumance

 

 

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  Histoire de Laine

  Races laineuses de prestige à travers le monde

 

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  Table des matières - ici -

 

  

  Caractéristiques de la laine

 

La laine est une des matières textiles qui présente au plus haut degré les propriétés les plus recherchées dans la confection des tissus; sa finesse, sa douceur sa résistance si puissamment développée par sa propriété feutrante, son affinité pour les couleurs, sa faible conductibilité de la chaleur, et ses propriétés évaporatoires et hygrométriques, concourent à donner aux étoffes qu'elle produit la légèreté, la souplesse, la richesse des nuances et les qualités hygiéniques si nécessaires aux vêtements, tentures et tapis.

 

Ces caractères qui sont plus ou moins développés, suivant les nombreuses variétés de laines qu'on rencontre, ont permis à l'industrie de modifier les propriétés des tissus qu'elle sert à fabriquer, de manière à les rendre d'un usage convenable à tous les climats, en utilisant une matière première que presque tous fournissent, et qui a dû, dès les temps les plus reculés offrir aux peuples pasteurs les ressources qu'en retire l'agriculture moderne. On peut donc considérer l'industrie des laines comme une des plus ancienne et des plus universelles.

 

La recherche de son origine nous conduit à citer les lois de Manou, qu'on considère comme antérieure à la Bible, et dans lesquelles il est question d'étoffes de laines et de draps en poils de chèvres; mais rien ne nous apprend si ces étoffes de laine s'étaient feutrées et foulées; tout fait présumer le contraire. Le foulage diminuant la souplesse des tissus, en augmentant leur propriété conservatrice de la chaleur, a par cette raison, dû être évité par la plupart des peuples de l'Orient.

 

Mais quoique l'application de la propriété feutrante de la laine, qui lui donne un caractère si tranché parmi les matières textiles, paraisse plus récente et être due aux peuples du Nord, on n'est pas plus fixé sur le temps, les lieux et les circonstances qui lui ont donné naissance, qu'on ne l'est sur l'origine de la plupart des industries en général. Pline parle du foulage et le fait remonter à une haute antiquité.

 

Ce qu'il y a de remarquable et ce qui doit d'ailleurs être encore une preuve de l'ancienneté de la fabrication des étoffes de laine drapées, c'est que les premières traces que nous pouvons découvrir des procédés employés nous montrent que l'on se servait alors de tous ceux pratiqués encore aujourd'hui.

 

Les statuts, ordonnances, lettres patentes, sur la draperie et la foulonnerie, remontant au XIIe siècle; de précieux vitraux de couleur que les églises d'Elbeuf doivent aux premières corporations des drapiers; des échantillons d'étoffes de la même époque que nous avons pu examiner nous ont confirmé ce fait, et prouvent que non-seulement tous nos procédés d'aujourd'hui étaient en usage, mais qu'on le appliquait déjà avec beaucoup d'habilité.

 

Le progrès moderne se borne donc exclusivement à l'amélioration et au perfectionnement des machines qui ont contribué à fabriquer plus vite, plus régulièrement et plus facilement.

moutons à l'abbaye de Saint-Hilaire - mai 1962

La toison des mammifères est composée, suivant les races, la sélection et le climat d'une ou plusieurs catégories de fibres.

 

 

 

  

   La fibre

 

Fibre à croissance continue, sans canal médullaire. Grandes écailles aussi hautes que le diamètre de la fibre et en faisant entièrement le tour. Les écailles se recouvrent peu et sont très saillantes. La section est circulaire.

 

La fibre de laine est très fine, souple et présente des propriétés d'élasticité, de plasticité et de résistance à la rupture excellentes grâce à la part prépondérante du cortex dans sa composition. Son aptitude au feutrage est remarquable.

 

 

 

  

   Le jarre

 

Fibre à croissance périodique, à phase de croissance brève par rapport à la phase de latence. Généralement court, il tombe dans la toison. Il possède un énorme canal médullaire dont le diamètre atteint les 9/10ème du diamètre de la fibre. Les écailles qui se recouvrent largement sont rectangulaires et peu saillantes.

 

La section est ovale ou très aplatie. Cette fibre très grossière présente en raison de l'importance de son canal médullaire de très médiocres qualités mécaniques. Elle se teint difficilement. Sa présence dans les toisons les déprécie nettement.

 

 

 

  

   Le poil

 

Fibre à croissance continue avec un canal médullaire de diamètre inférieur à la moitié de celui de la fibre. Ecailles en hexagones plus ou moins réguliers, très peu saillantes. La section est circulaire.

 

Le poil est une fibre grossière, longue, résistante, assez rigide, dont l'aptitude au feutrage est moins prononcée que celle de la laine. Sa présence est appréciée pour les matelas, tapis et, quand il est fin, dans les laines à tricoter.

 

 

 

  

   L'hétérotype

 

Fibre à croissance périodique dont la phase de croissance s'étend sur une année. L'extrémité de la fibre est médullée et semblable au poil tandis que la partie se trouvant du côté racine est identique au brin de laine.

 

 

 

  

   L'élasticité

 

La fibre peut s'allonger jusqu'à 30 % de sa longueur initiale sans rupture.

 

 

 

  

   La composition des fibres

 

Les fibres sont composées de scléroprotéine fibreuse (kératine), riche en cystine (forme oxydée de la cystéine faite de deux molécules de cet acide aminé, reliées par leurs atomes de soufre), présente dans les phanères de l'homme et des animaux (cheveux, poils, plumes, écailles, griffes, ongles), c'est pourquoi la laine est si bien tolérée par le corps humain.

fibre de laine

Si les propriétés élastiques de la laine et sa remarquable résistance à la rupture sont dues à la présence des atomes de souffre dans la cystine (c'est aussi son pire ennemi, puisque c'est l'aliment préféré des mites...), c'est la présence d'acide glutamique qui favorise sa teinture avec des colorants acides et dans toutes les couleurs imaginables.

 

 

 

  

   La finesse des fibres

 

La légèreté de la laine est due à la finesse de sa fibre qui se mesure en micromètres (millième de millimètre) :

 
10 µ à 15 µ laines ultra fines
(vigogne, cachemire)
>15 µ à 18 µ laines très fines
(Mérinos d'Arles Antique®)
>18 µ à 23 µ laines fines
(mérinos d'Arles)
>23 µ à 40 µ laines grossières
(chèvre angora)
 

 

 

  

   Les propriétés mécaniques

 

Les fibres de laine peuvent reprendre leur forme initiale après avoir été tordues, tournées et vrillées.

 

 

 

  

   Le pouvoir isolant

 

La laine a un grand pouvoir isolant. Elle protège du chaud comme du froid, elle laisse respirer la peau naturellement. La frisure des fibres en enfermant une grande quantité d'air, et les aspérités formées par les écailles en réduisant son déplacement, augmentent la protection thermique en limitant la conduction.

 

 

 

  

   La laine est une fibre hydrophile

 

Autre caractéristique remarquable de la laine est son pouvoir d'absorber jusqu'à 30 % de son poids en humidité sans paraître mouillée, se rapprochant ainsi des performances des fibres synthétiques creuses apparues dans les années 2000.

 

Elle est très hydrophile vis-à-vis de la vapeur d'eau, mais a une réaction hydrophobe vis-à-vis de l'eau liquide. Par un phénomène physico-chimique, l'absorption d'humidité par la fibre s'accompagne d'une production de chaleur et, inversement, la perte d'humidité s'accompagne d'une absorption de chaleur.

 

 

 

  

   La résistance au feu

 

La laine difficilement inflammable s'enflamme à 600°C et brûle lentement.

 

 ► Le mouton à travers les provinces françaises                                  - ici -

 

 

 

  

  Le mérinos

 

Le mérinos et un bovidé (Ovis aries), qui trouve sont origine en Asie Mineure. Introduit en Afrique du nord par les Phéniciens, il faudra attendre le VIIes. pour qu'il soit implanté en Espagne par les Beni-Merines, tribu arabe des Maures lors de la conquête de la péninsule Ibérique (merinos voulant dire d'outre-mer en espagnol). Entre le XIIe siècle et le XVIe siècle. Les couronnes de Castille et d'Aragon jouiront d'un véritable monopole car la qualité de sa laine n'avait pas d'équivalent dans les autres pays occidentaux.

Bélier mérinos espagnol - gravure de 1790

Son commerce avec la Flandre et l'Angleterre assurera la prospérité de la Castille jusqu'à la fin du Moyen Age, et c'est pourquoi, jusqu'au début du XVIIIe siècle l'exportation de mérinos était un crime puni de mort.

 

Les propriétaires des troupeaux connus sous le nom de bungalows ou cavanas appartenaient à la noblesse ou au clergé, ils étaient regroupés au sein d'une organisation : la Mesta, qui veillait à l'amélioration de la race (escurial royal, negretti et la paula), et l'application de l'interdiction d'exportation.

 

Il faudra attendre 1723 pour qu'un premier groupe de mérinos soit expédié vers la Suède, en 1765 les premiers escurials seront offerts par Ferdinand VI d'Espagne à son cousin, le prince Xavier électeur de Saxe.

 

A partir de 1774, de nouveaux groupes d'escurials seront envoyés vers l'étranger : en Saxe d'abord, puis en Hongrie en 1775, et la même année de 1786 en Prusse et en France, où Louis XVI confia au naturaliste Daubenton la direction de 200 brebis et béliers provenant de Léon et Ségovie; cette première tentative fut bientôt suivie d'une nouvelle acquisition de 367 moutons de la même race qui formèrent la souche du troupeau de Rambouillet.

 

En Europe occidentale, on dénombre actuellement une trentaine de races. La chronologie de la descendance des moutons depuis leurs ancêtres sauvages sont à ce jour peu connus, mais l'hypothèse la plus communément admise est qu'ils descendent d'espèces de mouflons d'Europe et d'Asie.

mouflon du Punjab

Le mérinos comme tous les moutons est un mammifère ruminant, herbivore, qui n'existe quasiment plus à l'état sauvage. C'est aussi l'un des premiers animaux à avoir été domestiqué par l'homme pour sa viande, son lait et sa peau. La durée de vie maximale est d'environ 12 ans.

 

Si les premières sélections de moutons pour leur laine peuvent être datées de six mille ans av. J.-C., (Iran), le tissage de la laine pour la confection de vêtements n'interviendra que deux à trois mille ans plus tard, soit postérieurement à l'usage du lin.

 

Comme celle du mouflon, la robe du mérinos comporte deux couches, l'extérieure composée de fibres grossières qui assurent une protection mécanique, et une couche située sous celle-ci, composée de fibres plus fines et plus courtes, qui assurent l'isolation thermique.

 

A la différence de tous les autres moutons, la laine est dépourvu de jarre (un poil gros, droit et brillant, plus court que la laine, rugueux, cassant, dépourvu de propriétés feutrantes et qui ne prend pas les teintures).

 

Deux produits secrétés recouvrent la laine plus ou moins régulièrement : la cholestérine ou matière grasse produite par les glandes sébacées, et un produit composé de stéarine, d'oléine et surtout de potasse, le suint, qui se confond à la première pour envelopper la fibre, ils représentent 30 à 60 % du poids de la toison, car plus une laine est fine, plus elle contient de suint; celle des mérinos en contient les deux tiers de son poids, tandis que les laines communes n'en contiennent que le quart.

 

La tonte de la toison qui doit se présenter en entier afin de faciliter son pliage et son triage ultérieur, s'effectue de fin janvier à mai. L'usage des "forces" (ciseaux), tondeuses à main a été abandonné à partir des années 1920 au profit de tondeuses électriques. Un tondeur utilisant des forces faisait une moyenne de 50 tontes par jour sur des animaux entravés, d'où la présence d'un "attacheur".

tonte

L'utilisation de tondeuses électriques, sur des animaux non entravés, et selon la méthode dite de Bowen, nom d'un tondeur Néo-Zélandais, recordman du monde dans les années 70 avec 465 tontes effectuées en 9h, va révolutionner cette opération à partir des années 67 dans les plaines de la Crau.

 

A partir de ces années les tondeurs de bon niveau tondent environ 150 brebis mérinos d'Arles par jour, soit environ 30.000 sur une saison. Certains tondeurs doublent ce chiffre en se déplaçant dans les différentes régions et pays moutonniers : Alpes, Crau, Aveyron, Pyrénées, Grande Bretagne, pour finir l'année en Nouvelle-Zélande.

 

La laine, une fois récoltée, est mise en vrac dans des ballots, les bourras, contenant 80 à 100 kg. Elle est ensuite acheminée vers des centres de triages qui procèdent à l'élimination de tout ce qui peut la déprécier. Elle est ensuite conditionnée en ballots de 400 kg environ pour être stockée puis vendue à des transformateurs qui procèderont à son lavage, son cardage (produits rustiques : tapis, draps), ou son peignage (produits fins : textile).

mérinos australien

La première tonte donne la laine d'agneau : extrêmement douce, mais courte et faible. Elle convient en mélange avec des fibres plus fortes pour les fils destinés aux vêtements doux et à la bonneterie. La seconde tonte, soit la première tonte du mouton adulte, donne la plus belle laine que le mouton donnera dans le courant de sa vie.

 

Dans les trois ou quatre tontes qui suivront (une tonte par an), la laine deviendra de plus en plus grossière, puis le mouton sera engraissé pour la boucherie. La seconde tonte des mérinos se désigne sous le nom de hogget et les tontes suivantes donnent la laine mère.

toison du bélier ci-dessus

En Europe, le poids de la toison d'un mérinos est égal à environ 1/10ème du poids de l'animal. La qualité des fibres diffère selon qu'elles sont implantées sur le dos (la meilleure qualité), les épaules, les flancs, le ventre, les pattes antérieures, les pattes postérieures, le cou et la queue.

 

La longueur des fibres d'un mérinos dépasse rarement 10 cm, mais elle peut dépasser 40 cm sur des races croisées. Ces fibres sont classées en :

 
Tontes Fibres : caractéristiques
1ère (1an - agneau)
2ème (2 ans) 18 à 23 µ
3ème (3 ans ou +) 24 à 40 µ
Ondulations Par cm
1ère tonte (1 an - agneau)
2ème tonte ou + 15
 

 

 

  

  Le mérinos de Rambouillet

 

Race rustique originaire d'Espagne. En 1786, sur la proposition de Monsieur Henri Alexandre Tessier (1741  1837), directeur de la ferme royale de Rambouillet, Louis XVI achète à son cousin le Roi d'Espagne Charles III, un troupeau d'une sélection de 366 moutons mérinos espagnols sélectionnés parmi 10 cavanas différents, qu'il fait venir à Rambouillet.

 

Sous sa direction les travaux sur les croisements des races (notamment des races anglaise à longs poils) et la la consanguinité aboutissent peu à peu à une race homogène produisant une laine aux fibres longues et fines d'une remarquable qualité : le mérinos de Rambouillet.

 

Cette race sera utilisée afin de permettre la "mérinisation" des troupeaux français qui alimentent en matière première les filatures créées par Colbert au XVIIe siècle sous le règne de Louis XIV.

mérinos de Rambouillet

A la suite du traité de paix de Bâle conclu le 22 juillet 1795 entre l'Espagne et la France, l'Espagne fourni à titre de compensation quatre mille mérinos qui furent vendus à des propriétaires qui ainsi purent propager cette race précieuse, qui augmentera le poids des toisons de près de moitié.

 

Entre 1780 et 1810, la France va ainsi se constituer un cheptel qui est estimé à 200.000 mérinos pure race, et 2 millions de métisse.

Bélier mérinos de Rambouillet

Jusqu'à la publication du décret du 8 mars 1811, qui défend, sous des peines sévères, de châtrer ceux des agneaux mâles qui, par leur forme, leur taille, leur organisation vicieuse, et la mauvaise qualité de leur laine, ne doivent pas servir à la propagation, l'introduction du mérinos en France était considérée comme une des époques les plus mémorables des annales de l'agriculture française, et ce d'autant que les guerres napoléoniennes (1793 - 1813), avaient ruiné l'industrie espagnole du mérinos.

 

A ce jour, la bergerie nationale du château de Rambouillet (78120) est le dernier centre d'élevage en France. Siège de l'école nationale de l'élevage ovin depuis 1939, la Bergerie nationale (infos) accueille les familles et leurs enfants à découvrir ses 130 brebis et 40 béliers. Ces fibres sont classées en :

 
Tontes Fibres : caractéristiques
1ère (1an - agneau)
2ème (2 ans)
3ème (3 ans ou +)
Ondulations Par cm
1ère tonte (1 an - agneau)
2ème tonte ou +
 

 

 

  

  Le mérinos d'Arles

 

Race rustique issue de croisements commencés en 1802 entre des brebis cravennes locales (à la laine de qualité médiocre) avec des béliers originaires d'Espagne. Le métissage des troupeaux bas-provençaux s’accomplit en une soixantaine d’années.

 

Son achèvement correspond malheureusement à la période de l’effondrement des cours mondiaux de la laine sous l'effet conjugué de l'exode rural, et du traité de libre-échange signé entre la France et l'Angleterre le 23 janvier 1860, abolissant les taxes douanières sur la majorité des produits alimentaires et les matières premières, autorisant ainsi l'introduction des laines issues de l'empire colonial britannique sur le marché français, alors que la France ne produisait à cette date que le quart de la laine nécessaire à son industrie textile.

Mérinos d'Arles

Les conditions économiques ayant changé, les éleveurs voyant qu’ils avaient plus d’intérêt à produire de la viande que de la laine, se sont lancés dans des croisements; beaucoup ont abandonné les mérinos qui avaient fait la fortune de leurs pères, les croyant sans profit pour eux, ils les ont remplacés par les races anglaises dont le développement est plus rapide et la chair plus abondante.

 

A la sortie de la guerre 14/18, de nombreux grands éleveurs dispersent leurs cheptels en cédant ceux-ci à de nouveaux éleveurs : anciens bailes-bergers et anciens bergers. Compte tenu de la taille réduite de leur troupeau, et de charges réduites, ces éleveurs vont pouvoir perdurer, tout en sauvegardant la mérinos d’Arles.

 

Désormais entre leurs mains, la mérinos d’Arles ne sera pas remplacée; elle sera modifiée. Pour quelle raison les éleveurs font-ils ce choix à contre-courant ?

 

En grande partie par attachement à la pratique de la transhumance. D’origine montagnarde, ils ne peuvent concevoir leur métier sans ce retour périodique vers la montagne.

 

Dans les rues de Die  1999 - col du Rousset

 

Son appellation de mérinos d'Arles fut imposée en 1921, à l'occasion de la création du syndicat des éleveurs du même nom qui compose à ce jour la quasi totalité des troupeaux de Crau (steppe aride de 55 000 ha située à l'emplacement de l'ancien delta de la Durance, dans le département des Bouches-du-Rhône - 13).

Crau

En 1939, la culture du pastoralisme, fortement ancrée en Provence, est préservée, enrichie et enseignée à l’Ecole du Merle, centre officiel du Ministère de l’Agriculture situé dans la plaine de la Crau, aux portes de Salon-de-Provence et au pied des Alpilles. Il compte 415 ha, dont 150 ha de prairies irriguées et 250 ha de coussouls, parcours steppiques typiques de la Crau sèche, milieu unique en France.

 

L’Ecole du Merle dispose de trois bergeries dotées d’installations expérimentales et d’un troupeau de brebis de race mérinos d'Arles. Le troupeau du domaine exploite durant l'estive, un alpage d'environ 1.500 ha (dont 160 ha en propriété) situé à Saint Martin d'Entraunes (06) dans le Parc national du Mercantour.

 

Aujourd’hui, chaque type d’éleveurs tente d’imposer sa définition de la race mérinos d’Arles, du "vrai mérinos d’Arles" pour la qualité de sa laine, jusqu’au mérinos à haut rendement boucher.

 

La laine du métisse est de couleur blanche, homogène, avec une toison très étendue et épaisse, le poids moyen des toisons est de 2,5 kg pour les brebis, 5,5 kg pour les béliers. Ces fibres sont classées en :

 
Tontes Fibres : caractéristiques
1ère (1an - agneau)
2ème (2 ans) 19 à 22 µ
3ème (3 ans ou +)
Ondulations Par cm
1ère tonte (1 an - agneau)
2ème tonte ou +
 

 

 

  

  La "métisse"

 

Une race dans la race. Aujourd’hui, ce vocable "métisse", s’il est encore souvent employé, ne désigne plus la race tout entière, mais seulement une partie du cheptel mérinos d’Arles, détenue par des *éleveurs qui revendiquent fortement leur attachement à la pratique de la transhumance, conduisent leur troupeau en race pure et façonnent leurs bêtes de manière à ce qu’elles soient "de bonnes marcheuses, et des montagnardes" (*UPRA Mérinos d'Arles 64, bd Louis Pasquet - 13300 Salon-de-Provence).

agneau

Si cette race est apparue en Crau en 1802 du croisement entre brebis de race locale et béliers mérinos d'origine espagnole demeure essentiellement implantée en région PACA, elle s'étend depuis dans la Drôme, l'Isère, les Pyrénées Atlantiques et la Corse.

 

Des mâles reproducteurs ont été exportés en Espagne, en Europe de l'Est, en Afrique du Nord et au Népal.

 

La métisse se distingue de la mérinos d'Arles par une taille et un poids plus petits, une toison unie plus foncée, plus étendue et plus foncée. Le poids moyen des toisons est de 2,5 kg pour les brebis, 5,5 kg pour les béliers.

 

Au cours de l'année 2001, à l'initiative de la société Brun de Vian-Tiran, et de l'expert lainier Claude Gutapfel, a été créé le label "Mérinos d'Arles Antique®" qui se fonde sur la sélection d'un cheptel de 20.000 bêtes d'un groupement d'éleveurs. Ces fibres sont classées en :

 
Tontes Fibres : caractéristiques
1ère (1an - agneau) 15 et 18 µ
2ème (2 ans) 19 à 22 µ
3ème (3 ans ou +)
Ondulations Par cm
1ère tonte (1 an - agneau)
2ème tonte ou +
 

 

 

  

  Le mohair (angora)

 

Le mohair est le nom donné à la toison de la chèvre angora. La chèvre angora et un bovidé (Ovis aries), qui trouve sont origine dans les provinces du Tibet, et sera introduite vers le XIe siècle. dans la province turque d'Angora aujourd'hui Ankara. Le mot mohair trouverait son origine dans le verbe arabo-persan mukhayyar : "celle qui est choisie, la plus belle". Comme en Espagne, l'exportation de chèvres angora est interdite par les sultans jusqu'en 1820. La première exportation s'effectue en 1838 vers l'Afrique du Sud, puis vers le Texas en 1849.

Chèvre angora

Le mohair est une fibre naturelle de très haute qualité prisée pour son lustre, sa blancheur, sa bonne prise à la teinture, sa forte élasticité, sa résistance à l’usure, son aptitude à ne pas faire de faux plis, son pouvoir isolant retenant bien la chaleur du corps et absorbant la transpiration. Le pourcentage de suint de 20 % est très faible compte tenu de la finesse des fibres.

angora

La chèvre angora est une chèvre qui ne se trait pas. Les troupeaux sont majoritairement de taille moyenne, soit environ 40 à 60 chèvres.

 

Actuellement, il n’existe pas de circuit de vente du mohair brut, c'est pourquoi les 150 éleveurs installés en France depuis les années 80 (soit un cheptel d'environ 6.000 chèvres), doivent nécessairement faire transformer leur mohair en produits finis (fil à tricoter, tissage, tricots,…), et commercialiser eux-mêmes les produits obtenus.

Chevreau angora

Tous les animaux sont producteurs de mohair. La production varie de 2 à 5 kg pour les femelles et de 3 à 7 kg pour les mâles. Le rendement à la transformation est de 70 %. La tonte se déroule 2 fois par an : en général en février (avant les mises bas), et en août (avant les saillies).

 

Elle est réalisée par des tondeurs professionnels, ou par les éleveurs eux-mêmes. Le matériel utilisé est similaire à celui des ovins, avec des peignes spéciaux.

 

Après élimination des parties courtes ou souillées, chaque toison est triée par l’éleveur selon des critères de qualité ou d’âge bien précis : absence de jarre, finesse, homogénéité.

 

L'élevage de l'angora est actuellement implanté dans des régions rudes à climat contrasté, sur des sols pauvres, plutôt secs. Les principaux pôles de production sont l’Afrique du Sud, et le Texas (USA), viennent ensuite la Turquie et le Lesotho, puis l’Australie, l’Argentine et la Nouvelle-Zélande.

 

Au niveau du marché mondial, le mohair représente environ 1 % des fibres naturelles. Le cours mondial du brut est très fluctuant (prix en 2003 = 5 à 8 €/kg). La France importe chaque année 1.600 T de mohair pour l’industrie textile pour une production nationale de 20 T. Ces fibres sont classées en :

 
Tontes Fibres : caractéristiques
1ère (1an - agneau)
2ème (2 ans)
3ème (3 ans ou +)
Ondulations Par cm
1ère tonte (1 an - agneau)
2ème tonte ou +
 

 

 

  

  L'alpaca (ou alpaga)

 

En Amérique du Sud, et plus particulièrement au Pérou, au Chili, en Bolivie, en Equateur et en Argentine, le genre Camelus se divise en quatre espèces distinctes : deux sauvages : la vigogne et le guanaco, et deux domestiques : l'alpaca (infos), et le lama.

élevage d'alpaca

L'alpaca (Camelus Alpaca), nommé aussi pacos au Pérou et en Bolivie, aujourd'hui désigné commercialement sous l'appellation vicugna pacos est une espèce très voisine du lama. L'alpaca est un descendant hybridisé par l'homme de la vigogne et non de croisements avec le lama et/ou le guanaco afin d'obtenir une augmentation de la taille des animaux et donc un surcroît de laine (Kadwell M, Fernandez M, Stanley HF, Wheeler JC, Rosadio R and Bruford MW. (2001) Genetic analysis reveals the wild ancestors of the lama and alpaca. Proc. R. Soc. Lond B. 268, 2575-2584).

 

 

 

  

   Les deux sous-types d'alpaca

 

  

   Le huacaya

 

Animal compact (la longueur des jambes doit être égale à la longueur du cou et égale à la longueur du dos du garrot aux reins) avec une laine dense, brillante, ondulée : le "crimp", c'est cette ondulation naturelle de la fibre qui lui donne un aspect gaufré et en facilite le travail en filature;

huacaya

 

  

   Le suri

 

Le suri à un corps plus fin et à une laine plus longue et plus soyeuse, tombant dans des sortes de longues nattes torsadées "dreadlocks" : le "curl". D'une manière générale, la laine d'un suri est plus soyeuse et plus chère car plus rare que la laine d'un Huacaya.

suri

 

  

   Tentatives d'importations

 

Domestiqué depuis plus de 3.000 ans pour sa laine, et plus tard, quand la qualité de la laine baisse avec l’âge, sa viande.

 

Dès 1535 des alpagas sont rapportés en Espagne par les conquistadors pour y créer des élevages. Leur extinction au terme de cette conquête, sera enrayée par l'élevage effectué par les indiens.

 

L'introduction en France date des années 1840/50. En 1844, 400 animaux furent expédiés vers l'Angleterre, mais 3 seulement survécurent au voyage en bateau. L'émotion fut-elle au Pérou que le gouvernement promulgua une loi interdisant l’exportation d’alpaca vivant.

 

Malgré cette interdiction, Charles Ledger (1818 † 1905 - infos), un anglais vivant au Pérou, décida d’exporter frauduleusement un certain nombre d’alpacas, lamas et vigognes en Australie. Il lui faudra 6 ans pour acheminer un troupeau composé de centaines d'animaux à travers les Andes, la Bolivie, l’Argentine, le désert d'Atacama au nord du Chili, et enfin gagner avec un troupeau épuisé, le port de Copiapo en avril 1858.  Le 28 novembre de cette même année, il débarque à Sydney avec ses bergers et 256 alpagas, lamas et vigognes.

 

Ruiné par ce trafic, il retournera au Chili pour cette fois se lancer dans le trafic des graines de quinquina (quinine), dont l'exportation était interdite, mais qu'il réussira à vendre au gouvernement néerlandais qui l'introduira avec succès à Java.

huacaya

En 2001, le Pérou avait un cheptel d'environ 2.5 millions alpagas, la Bolivie près de 500.000, et seulement 50.000 pour le Chili et l'Argentine réunis. Le commerce de la laine de mouton avec l’Angleterre devenant de plus en plus faible, l’Australie, à une époque assez récente, s’orienta vers l’élevage de haute sélection des alpacas.

 

Le développement est remarquable : en 2001 il y avait près de 40.000 alpacas en Australie, ce qui est insuffisant pour répondre à la demande des filatures et des magasins de produits en laine d’alpaca. Aux USA et au Canada, l’élevage est en plein essor. On compte près de 10.000 bêtes de grande qualité en Angleterre. En France, en 2005, on comptait un cheptel d’environ 700 alpacas.

 

Ce nombre pour le moins confidentiel peut s'expliquer par les prix de vente de ces animaux qui atteignent pour des toisons de très grande qualité des sommes vertigineuses, exemple un mâle Suri d'une nuance acajou rare a été vendu en 2002 pour 204.000 euros...et sans aller chercher les records, il fallait compter 15.000 euros en 2005 pour faire l'acquisition d'un alpaga reconnu pour la qualité de sa laine.

 

Si la laine d'un alpaga est jugée sur les quatre critères que sont : la finesse, le caractère, la densité, l'homogénéité. Il faut ajouter la couleur qui peut en augmenter considérablement le prix, certaines nuances comme le true black (noir vrai, à reflets bleus), le silver grey (gris argent) ou le mahogany/marron (acajou à reflets rouges) étant rarissimes. Ces fibres sont classées en :

 
Tontes Fibres : caractéristiques
1ère (1an - agneau) 18 µ
2ème (2 ans)
3ème (3 ans ou +) 22 µ
Ondulations (crimp) Par cm
1ère tonte (1 an - agneau)
2ème tonte ou +
 

 

 

  

  La vigogne

 

La famille des Camélidés à laquelle appartient la vigogne (Vicugna vicugna dans le pays vicuña), a pris origine pendant l'ère éocène en Amérique du nord, d'où elle a disparu après s'être répandu en Asie et en Amérique du sud. Si elle ressemble à l'alpaca, elle cependant plus fine est un peu plus haute sur jambes. C'est le plus petit des camélidés. La robe est rousse sur le dos, et blanche sous le ventre, le poils un peu feutré est le plus fin connu à ce jour après la soie.

2005 : Equateur : vigognes

La vigogne vit exclusivement à l'état sauvage dans la cordillère des Andes, à une altitude comprise entre 3.500 et 5.800 m (Bolivie, Pérou, Equateur, Chili et Argentine) à la recherche d'endroits secs, et où un gazon court et serré lui suffit. Les Incas ont voulu domestiquer la vigogne, il n'aura suffit que d'un siècle pour transformer l'espèce... en alpaga.

2005 : Equateur : vigognes

Ce mammifère artiodactyle(terme qui désigne des incisives inférieures qui s'allongent indéfiniment), ruminant très timide, extrêmement léger à la course, contrairement au lama, ne s'est jamais adapté en dehors de son milieu endémique, ce qui explique que toutes les tentatives d'exportation vers l'Europe aient échouées.

 

Le Tierpark Berlin est l'un des rares parc d'Europe (aucun en France) à présenter cette espèce qui s'y reproduit régulièrement ce qui est remarquable.

 

En 1861, après l'occupation espagnole, Simon Bolivar fera apposer une vigogne sur le drapeau péruvien.

2005 : Equateur : vigognes

Du temps des Incas, la vigogne était considérée comme un animal sacré, et l'usage de sa laine était réservé à la famille impériale. Après avoir été massacrée pour la qualité de sa viande, les administrations locales se sont engagés dans les années 60 dans des politiques de protection de la race qui ont permis d'éviter sa disparition.

 

Mais compte tenu de l'étendue et de l'isolement des aires protégées, il y est difficile d’exercer une surveillance satisfaisante des braconniers qui accentuent leur chasse dont le produit, la laine brute, se négociait à plus de 1.000 euros le kg en 2006.

 

Au Pérou, en 1994, il restait environ 5.000 bêtes, alors que sa population au XVIe siècles est estimée à 2.5 millions. En 2007, la population andine est estimée à 180.000 animaux, soit une production lainière d'environ 3.000 kg à comparer avec 6 ou 7 millions de kg pour le cachemire.

 

La vigogne est inscrite sur le répertoire de la Cites, qui recense les espèces en voie de disparition, il est donc impossible de détenir cet animal en captivité, même avec un certificat de capacité.

 

Autre facteur qui accentue la rareté de cette laine la plus convoitée de la planète (Paris, rue François 1er, un manteau classique s'affiche entre 30 à 40.000 euros en 2008), la tonte d'une vigogne ne peut avoir lieu que tous les deux ans. Les fibres sont classées en :

 
Années Fibres : caractéristiques
2ans 12 µ
4 ans
6 ans ou +
Ondulations Par cm
2 ans
+ 2 ans
 

 

 

  

  Chameau et dromadaire

 

Grand mammifère ongulé (camélidés) à deux bosses dorsales où chameau d'Asie, à pelage laineux (le chameau dit d'Arabie qui n'a qu'une bosse). Le dromadaire demeure sans ancêtre sauvage connu. La séparation entre le chameau de Bactriane à deux bosses et le dromadaire qui n'à qu'une bosse date probablement d’avant la domestication.

chameau turkmen

La première mention du dromadaire comme animal domestique dans les sources historiques écrites date de 1100 av. J.-C. lors de l’attaque des côtes méditerranéennes par les tribus du nord de l’Arabie, montées sur des dromadaires.

 

Chez les grands camélidés, le chameau de Bactriane possède une laine de meilleure qualité et plus abondante que chez le dromadaire, adaptation naturelle aux conditions hibernales auxquelles il est exposé. La race Turkmen vit exclusivement à l'état domestique dans les déserts ou les steppes arides du Kazakhstan, de l'Ouzbekistan, et du Turkmenistan.

chameau de bactriane

La toison camel ou brun-roux, exceptionnellement blanc, est composée de deux fibres : le jarre très raide (30 à 120 µ), qui recouvre le duvet prisé par l'industrie textile. Au printemps, entre avril et mai, la toison se détache seule, mais l'animal est parfois tondu.

chameau bactrian

Un mâle peut fournir plus de 5 kg de toison. C'est le chameau mongol qui semble avoir les fibres les plus fines, résultat de sélections menées depuis plusieurs décennies qui ont permis l'obtention de fibres de grande qualité, notamment au niveau du cou et des épaules, dont le duvet s'apparente au cachemire, bien que moins filable car beaucoup plus lisse.

 
Années Fibres : caractéristiques
2ans
4 ans
6 ans ou +
Ondulations Par cm
2 ans
+ 2 ans
 

Contrairement à la laine des bovidés Ovis aries, celle des camélidés ne contient que très peu de graisse (4 à 5 % du poids de la toison avant traitement).

 

 

 

  

  Les "cachemere goats"

 

C’est sur les hauts plateaux de Chine, de Mongolie, du Ladakh et du Tibet, à une altitude moyenne de 4.000 m, qu’il faut chercher la capra aegagrus hircuscapra hircus laniger, une chèvre, mammifère herbivore et ruminant, aujourd’hui domestiquée, plus connue sous le nom de chèvre pashmina.

troupeau

C’est de cet animal, dont la taille se situe entre la chèvre domestique européenne et la chèvre naine, que vient la précieuse laine qui a rendu célèbre le terme "cachemire" dans le monde entier.

 

A eux deux, la Chine et la Mongolie produisent à partir plusieurs races de chèvres, les trois quarts de la matière première distribuée dans le monde, le reste de la production venant essentiellement d’Iran, d’Afghanistan, d'Australie et de Nouvelle-Zélande où les chèvres cachemires ont les mêmes particularités que leurs cousines himalayennes.

 

Alors pourquoi utiliser le terme "cachemire" si c’est dans ces pays que la chèvre vit ?

 

Eh bien, uniquement parce que c’est au Cachemire que le savoir faire en matière de filage et les machines qui permettent de tisser la laine ont été développés. Ainsi, le terme "cachemire" est devenu un nom générique pour la précieuse laine.

troupeau

Le CCMI (Cachemire et Camel Hair Manufacturers Institute), organisation qui regroupe les dix-sept plus grands fabricants d’articles de cachemire du monde, définit comme cachemire des fibres produites par une chèvre (Capra hircus laniger) dont les fibres au microscope électronique ressemblent à un tronc de palmier, ont un diamètre maximal moyen de 19 micromètres.

 
Années Fibres : caractéristiques
2ans ≤ 19 µ
4 ans
6 ans ou +
Ondulations Par cm
2 ans
+ 2 ans
 

Le coefficient de variation autour de la moyenne ne devant pas être supérieur à 24 %. Enfin, il ne peut y avoir plus de 3 % (en poids) de fibres cachemire de plus de 30 micromètres. En France c'est l'Institut français du textile et de l'habillement installé à Mazamet (81200) qui est chargé de définir les critères de la laine rentrant dans la composition d'un article en cachemire.

 

Pour faire face à l’hiver, qui dure presque 6 mois, et pour supporter des températures qui atteignent fréquemment –40 degrés, leur toison se complète au niveau du poitrail d'un duvet serré de poils fins et souples.

 

Ce duvet, gris foncé, est tondu à la cisaille ou enlevé à la brosse au moment de la mue de printemps. Il sera ensuite blanchi au moyen d’une préparation de farine de riz. A elle seule, une chèvre produit environ 100 à 150 gr de cachemire. Il faut compter environ six chèvres pour confectionner un pull-over. Seul le duvet laineux devrait être exploité dans une appellation 100 % cachemire.

 

Jean-Baptiste Decrétot (1743 1817), manufacturier en draps, est cité comme étant l'introducteur du Cachemire en France (à noter qu'à cette date sa manufacture produisait des copies de cachemire en utilisant de la laine... de vigogne !).

 

Comme pour toutes les toisons, c'est un travail long et délicat qui permet de trier la laine en fonction de sa couleur et de sa qualité, les fibres les plus douces étant situées sur le ventre de la chèvre.

 

Ainsi récoltées, les fibres passent dans une sorte de soufflerie qui les débarrasse du sable et des dépôts végétaux qu’elles contiennent encore. Puis, la matière brute est conditionnée en ballots qui partent vers les lieux de transformation.

 

En 2005, on comptait environ 40 millions de chèvres cachemires dans le monde, dont la race emblématique est la Neimonggol cashmere (noms locaux : Alashan Down, Albas Down, Inner Mongolian Cashmere, Mongolian Down-Bearing Goat), habituellement blanche, sa toison peut aussi être noire, bleue, grise, brune, ou multicolore ou pie. La fibre est caractérisée par sa souplesse, son élasticité et sa finesse.

 

Depuis les années 50, tous les pays qui possèdent des troupeaux de chèvres capra aegagrus hircus ou capra hircus laniger tentent d'augmenter la production et la finesse des fibres en développant de nouvelles races :

 

 

Chèvre Hexi cashmere - RPC Chèvres Hexi cashmere - RPC
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Chèvre Inner Mongolia cashmere - RPC Chèvres Inner Mongolia cashmere - RPC
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Chèvre Jiangchang black - RPC Chèvre Jiangchang black - RPC
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Chèvre Jinning grey - RPC Chèvre Jinning grey - RPC
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Chèvre Leizhou - RPC Chèvre Leizhou - RPC
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Chèvre Liaoning cashmere - RPC Chèvres Liaoning cashmere - RPC
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Chèvre Shanbei white cashmere - RPC Chèvre Shanbei white cashmere - RPC
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Chèvre Tibetan - RPC Chèvre Tibetan - RPC
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Chèvre Xinjianj - RPC Chèvre Xinjianj - RPC
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Chèvre Yangtse River Delta white - RPC Chèvre Yangtse River Delta white - RPC
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Chèvre Yichang white - RPC Chèvre Yichang white - RPC
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Chèvre Yimeng black - RPC Chèvres Yimeng black - RPC
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Chèvre Zhongwe - RPC Chèvre Zhongwei - RPC
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Comme pour le Mérinos à l'école nationale de l'élevage ovin de Rambouillet ou à l’Ecole du Merle de Salon-de-Provence, de nombreux centres d'amélioration génétique des animaux dans le monde cherchent à déterminer l'héritage des caractéristiques de production des chèvres de Mongolie.

 

Pour sa part, la Mongolie s'est engagée dans cette voie dès 1991 en créant la ferme expérimentale de Zaamar (races : mongol (1), unjuul (2), zalaa jinst (3), erchim (4), bayandelger (5), buural (6), ulgii's red (7), gobi gurvan saihan (8), uuliin bor (9), altai's red (10).

mongolie

Ces deux dernières années, la Chine et la Mongolie ont connu des hivers très rudes qui ont décimé des troupeaux entiers de chèvres. Les bêtes sont mortes par manque de nourriture avec comme conséquences des salaires de misère pour les éleveurs, une baisse de l’offre, et évidemment, une augmentation spectaculaire du prix de la laine.

 

Comme parallèlement la demande ne cesse d’augmenter, la tentation est grande, dans les filatures, de mélanger la laine de cachemire avec d’autres matières comme des laines communes ou des fibres synthétiques. C’est probablement ce qui explique qu'en 2007, il s’est vendu plus de vêtements en cachemire que les onze mille tonnes de fibres brutes récoltées (Jean-Pierre Haug de Testex).

 

Dans le nord de l’Italie et en Ecosse, les manufactures importent un cachemire très fin de Mongolie. Il s'agit de laine blanche, la plus recherchée, car elle est facile à teindre. Pour être de qualité supérieure, les fibres doivent mesurer de 32-34 mm de long et avoir une épaisseur comprise entre 14 et 15.5 micromètres. Les fibres sont éjarrées, cardées, filées, teintes et ensuite conditionnées en pelotes qui serviront pour la confection des vêtements.

 

Toutefois, même éloignées de la production industrielle chinoise, où le risque de trouver du cachemire mélangé à d’autres laines est plus grand, ces manufactures ne sont pas complètement à l’abri de la tromperie. Ce qui conduit régulièrement à des actions en justice.

 

Par ailleurs, la technologie du textile est si performante qu’aujourd’hui il est difficile pour le consommateur de faire la différence entre du cachemire et du synthétique, ou entre du 100 % cachemire et un mélange.

 

 

 

  

  Autres documents

 

  Brun de Vian-Tiran - 1808/2013 - ici -

  Châle cachemire : l'affaire Biétry Père, Fils & Cie - ici -

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  Manufacture de châles en 1878 (Exposition universelle) - ici -

  Naturalisation de lamas et d'alpacas en Europe au XIXe siècle - ici -

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Sceau de l'abbaye Saint-Hilaire - Musée Calvet