Eglise Notre-Dame du Groseau - commune de Malaucène - Vaucluse
 

 

 

  En Vaucluse

  l'église Notre-Dame du Groseau

  Malaucène - 84340

 

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  Monographie

 

Cette petite église romane isolée dans un site agreste était celle d'un prieuré bénédictin aujourd'hui disparu, qui s'élevait non loin de Malaucène (infos), à proximité de la rivière du Groseau (infos), dont la source voisine, la plus belle du Comtat après la fontaine de Vaucluse, sort à gros bouillons des flancs du mont Ventoux.

 

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Son eau merveilleusement pure et fraîche, qui s'échappe en abondance de tous les pertuis du rocher, brillant de mille facettes au soleil, semble aux visiteurs qui l'admirent un don royal de la Providence. Aussi ne s'étonne-t-on pas que cette source inépuisable ait été divinisée par les Gaulois bien avant la conquête romaine.

 

C'est ce qu'atteste l'inscription, gauloise par la langue, mais grecque par l'écriture, gravée sur une pierre qui était, suivant le chanoine Sautel, la partie supérieure d'un autel au dieu Gramelos, divinité de la source.

 

Ce bloc de pierre calcaire de Beaumont a servi de support à l'autel de la chapelle Saint Jean-Baptiste de l'église du Groseau, avant d'avoir été utilisé comme piédestal de la croix érigée devant ce sanctuaire depuis 1811 jusqu'à nos jours, où il a été replacé à l'intérieur de l'église.

 

L'inscription gallo-grecque gravée sur l'une de ses faces est d'une rareté insigne, car l'on ne connaît en France qu'une soixantaine de ces inscriptions sur pierre ou sur tablette, la plupart provenant de la Narbonnaise, la seule province hellénisée, et seulement de la partie méridionale de cette province.

 

Suivant la charte publiée par Mabillon, l'établissement religieux, auquel appartiendra, après plusieurs siècles d'intervalle cette église, fut fondé et construit en 684, en l'honneur de saint Victor et de saint Pierre, par Petruinus, évêque de Vaison, non loin de cette ville, au lieu-dit le Groseau. L'acte de fondation fut approuvé en 692 par Clovis III dans un diplôme dont le cartulaire de Saint-Victor de Marseille a conservé un fragment.

 

La désorganisation de l'église de Vaison, dont les listes épiscopales sont vides depuis Petruinus jusqu'en 879, et les ravages des Sarrasins expliquent sans doute pourquoi l'on n'entendit plus parler de la petite abbaye de saint Victor et de saint Pierre jusqu'en 1058, date de sa restitution ou de sa donation aux moines de Saint-Victor de Marseille par Pierre II de Miribel, évêque de Vaison.

 

Une vingtaine d'années plus tard, elle avait échangé ce vocable contre celui de Notre-Dame du Groseau qu'elle conservera. À la restitution de Pierre II de Miribel s'ajoutèrent diverses donations d'églises, en 1058 par les seigneurs de Malaucène, en 1111 par l'évêque de Vaison, Rostaing.

 

Une situation financière ainsi améliorée explique sans doute la reconstruction, vers 1150 environ, de l'église actuelle en remplacement de celle mentionnée dans l'acte de restitution de 1058.

 

Séduit par l'agrément du lieu, le premier en date, sinon en fait, des papes d'Avignon, Clément V (1305-1314) fit du Groseau son séjour de prédilection. On a compté qu'à partir du mois de mai 1312 il y passa plus de deux cents jours, d'ailleurs non consécutifs. Il s'y fit même construire un palais que l'évêque de Vaison, J.-M. Suarès, décrivait déjà en 1658 comme à demi ruiné. Il n'en reste rien aujourd'hui, sauf peut-être la tour située de l'autre côté de la route.

 

Aucun document n'a signalé jusqu'à présent le sinistre dont l'église, restaurée tant bien que mal, a gardé les traces visibles, la destruction probable de la nef remplacée par un porche bas, la ruine du portail nord qui fut aveuglé, la reprise en moellonage de la partie supérieure de l'abside et du massif primitivement bien parementé qui emboîte la travée du chœur et sa coupole.

 

Pendant la Révolution, l'église fut vendue comme bien national, le 5 thermidor an III (14 juillet 1795), pour la somme de 956 livres. Rachetée en 1827 par la fabrique de l'église paroissiale de Malaucène, elle a été classée parmi les monuments historiques par un arrêté du 29 juillet 1853.

 

Aujourd'hui, l'église comprend en plan une travée presque carrée couverte d'une coupole sur trompes et sur laquelle ouvrent, à l'est, une abside en hémicycle voûtée en cul-de-four et, au sud, une sorte de faux croisillon voûté en berceau brisé et pourvu d'une absidiole orientée.

 
Plan de l'église Notre-Dame du Groseau Elévation façades ouest de l'église Notre-Dame du Groseau
 

Les divers éléments d'un plan aussi insolite déconcertent de prime abord le visiteur non prévenu. Tout devient clair, au contraire, si l'on ne tient pas compte du faux croisillon, qui est une adjonction, et si l'on restitue la nef unique disparue dont la travée couverte d'une coupole était le chœur.

 

En effet, le plan prévu à l'origine devait être celui d'une église à nef unique sans transept, prolongée par un chœur voûté en coupole et une abside, plan analogue par conséquent à ceux de Notre-Dame des Doms dans son état primitif, de la cathédrale de Cavaillon, de Saint-Baudile de Noves et de l'église de Saint-Trinit (Vaucluse).

 

Le chœur, ainsi conçu pour faire suite à une nef unique de même largeur, était primitivement fermé au nord et au sud par des murs pleins dont un seul, le mur nord, est encore debout. De plan presque carré et conçu en fonction de la coupole qui le couvre, le chœur est cantonné, à ses quatre angles, de piles engagées à ressauts et couronnées d'une simple imposte, qui reçoivent la retombée des grandes arcades supportant la coupole.

 

L'arcade sud fut ouverte ultérieurement pour assurer la communication avec l'addition méridionale, tandis que l'arcade ouest fut aux trois quarts fermée lors de la démolition de la nef.

 

Le mur en moellons qui ferme cette arcade est monté sur l'arc surbaissé donnant accès au porche bas voûté en berceau dont la construction a utilisé partiellement la base du mur nord de la nef détruite. La coupe, annexée au plan de l'architecte Geoffroy daté de 1853, montre qu'à cette époque le porche était surmonté d'étages qui ont disparu depuis lors.

 

En raison du plan du chœur qui n'est pas un carré parfait, les grandes arcades sont en plein cintre sur les grands côtés, c'est-à-dire à l'est et à l'ouest, et de tracé brisé sur les petits.

 

Sur les angles sont jetées des trompes coniques dont le fond est décoré des symboles des évangélistes, comme dans les cathédrales de Vaison, de Carpentras, dans les églises de Noves et de Saint-Laurent-des-Arbres, pour ne citer que des églises du Comtat ou de l'ancien diocèse d'Avignon, car ce parti décoratif est fréquent, comme on le sait, dans tout le domaine des églises romanes provençales.

 

Un bandeau de palmettes largement traitées, analogues à celles de la corniche du chevet de Saint-Quenin de Vaison, règne à la base de la coupole octogonale, qui est percée d'un oculus à son sommet.

 

Ses huit pans sont décorés, à leur intersection, de petits pilastres dont les chapiteaux sont tangents à l'oculus, mais qui ne se prolongent pas jusqu'au bandeau de départ de la coupole. Celle de Saint-Laurent-des-Arbres présente le même détail, mais avec quatre pilastres seulement.

 

Dans le mur nord était percé un portail, ultérieurement muré, devant lequel a été placée récemment à l'abri la pierre sur laquelle est gravée l'inscription gallo-grecque dont il a été question au début.

 

À l'intérieur de l'angle nord-est du chœur est ménagé un étroit escalier en vis, voûté en berceau rampant jusqu'au niveau où lui succède l'escalier, postérieur en date, qui permet d'accéder par une porte à la toiture de l'adjonction méridionale.

 

À l'est, le grand arc, qui est l'un des éléments de support de la coupole, est en même temps l'arc de tête du cul-de-four de l'abside et retombe sur deux colonnes couronnées de chapiteaux et montées sur un haut soubassement. Le cul-de-four appareillé est souligné à sa naissance d'un bandeau profilé en doucine qui règne avec celui des piles engagées du chœur.

 

L'abside, percée dans l'axe d'une baie en plein cintre, ébrasée, est dépourvue de l'arcature aveugle si fréquente dans les églises romanes provençales; elle a conservé, ainsi que le cul-de-four, les vestiges d'un décor peint qui consiste en larges bandes horizontales à deux teintes alternées et se poursuit dans le chœur.

 

Le chœur a été augmenté, au sud et perpendiculairement à son axe, d'une construction qui ressemble à un croisillon de transept avec absidiole. Ce petit vaisseau plus long que large est couvert d'une voûte en berceau brisé, soulagée par un doubleau, et communique avec le chœur par une arcade en tiers-point fort large, construite à la place du mur qui fermait le chœur de ce côté.

 

Au sommet des piédroits, dont l'imposte est décorée d'une suite de palmettes, se détachent deux figurines assez frustes se faisant vis-à-vis.

 

L'absidiole, intérieurement à trois pans, est comprise dans un massif rectangulaire en saillie sur le mur extérieur. Son cul-de-four nervé, avec l'agneau pascal sculpté à la clef, et les colonnettes de son arcature prolongées le long du parement par de petits fûts engagés et appareillés, qui accusent la retombée des nervures du cul-de-four, sont autant de détails qui font de ce charmant morceau d'architecture une réplique en miniature, mais d'une exécution moins soignée, de l'abside de Saint-Quenin de Vaison.

 

À l'extérieur, seule l'abside a conservé son bel appareil de pierres bien taillées, sauf dans la partie supérieure, mais il n'en est pas de même de la travée de chœur dont la silhouette a d'ailleurs été profondément modifiée à la suite de la restauration dont il a été question précédemment.

 

Amputé de sa nef, le chœur offre aujourd'hui l'aspect d'une tour quadrangulaire, sauf à l'angle sud-ouest abattu en pan coupé a partir d'un niveau gui correspond, à l'intérieur, à celui de la naissance de la coupole.

 

C'est qu'en effet, à l'origine, un tambour octogonal emboîtant la coupole se superposait au massif carré du rez-de-chaussée. Lors de la restauration, un remplissage de maçonnerie combla jusqu'au faîte les pans coupés de ce tambour, à l'exception du pan sud-ouest, de telle sorte que, sauf à cet endroit, la travée de chœur fut dès lors quadrangulaire jusqu'à la corniche et non plus octogonale à partir du tambour comme auparavant.

 

Cette modification, qui facilitait l'établissement de la nouvelle toiture, exigeait naturellement le démontage partiel de la frise soulignant la corniche primitive. Il n'en reste plus que des vestiges remployés sur la face nord et partiellement sur les faces est et ouest.

 

Cette large frise décorée de rinceaux en faible relief, dans lesquels apparaissent des têtes d'hommes et d'animaux ainsi que des fleurs stylisées, offre quelque rapport avec celle du chevet de Saint-Quenin de Vaison, mais son style paraît moins avancé.

 

La suppression de trois sur quatre des pans coupés du tambour emboîtant la coupole ne représente qu'un aspect de la restauration du chœur, qui fut très importante.

 

En effet, le parement extérieur du chœur était constitué en pierres bien appareillées, comme celles de l'abside, mais il n'en reste plus trace qu'à la base de sa face orientale, sur laquelle l'abside fait saillie, et à la base de sa face septentrionale, à gauche du portail.

 

Partout ailleurs, ce bel appareil a été remplacé par du moellonage avec chaînage de pierres de taille aux angles. On notera que, sur la face orientale, l'appareil en moellons est en retrait de l'appareil en pierres de taille conservé à la base.

 

Le lanternon quadrangulaire surmontant l'oculus de la coupole est ajouré, sur ses quatre faces, de baies en plein cintre encadrées de colonnettes romanes remployées. Il présente la singularité d'être bâti de travers, défaut d'implantation probablement imputable à la restauration qui avait entraîné l'établissement d'une nouvelle toiture.

 

Simplement couvert de dalles, ce lanternon avait reçu, dans le cours du XIXe siècle, un couronnement de fantaisie qui fut remplacé, après le classement de l'édifice, en 1853, par la petite toiture de pierre actuelle en forme de pyramide à quatre pans.

 

Du portail nord du chœur, actuellement aveuglé, il ne reste que la silhouette de son arc en plein cintre et les tronçons inférieurs des colonnettes qui l'encadraient, l'une à pans coupés, l'autre monocylindrique, avec leurs bases bien conservées sur lesquelles se profile une gorge entre deux tores.

 

Une porte en anse de panier donne accès au porche voûté construit, à l'ouest, à ]a place de l'ancienne nef romane dont il utilise partiellement la base du mur nord. À ce porche ont été ajoutées, au cours de ces récentes années, la niche qui le surmonte et la chaire de pierre en plein air à laquelle donne accès un escalier de pierre.

 

Le chanoine Sautel, auteur d'une intéressante étude de l'église du Groseau, attribuait à cet édifice des dates que notre description ne permet pas de suivre.

 

En dépit du soin qui a présidé à leur construction, le chœur et l'abside, dans lesquels n'apparaît aucun signe lapidaire, ne présentent pas trace non plus - sauf dans la frise - du beau décor antiquisant si caractéristique des églises romanes provençales complètement évoluées.

 

L'abside se fait même remarquer par l'absence d'une arcature aveugle dans laquelle ce décor aurait eu l'occasion de se manifester. Aussi pensons-nous que l'on peut dater cet ensemble des environs de 1150.

 

En revanche, l'addition méridionale qui comprend l'absidiole, réplique en miniature de l'abside de Saint-Quenin de Vaison, ne saurait être antérieure à la fin du XIIe siècle.

 

Texte de Jean Valery-Radot - 1963.

 

 

 

  

  Bibliographie sommaire

 

  J. Courtet, Dictionnaire des communes du département de Vaucluse,
     1876 (2e éd.).

  F. et A. Saurel, Histoire de la ville de Malaucène, 1882-1883, 2 vol. in-8°.

  J. Sautel, Les chapelles de l'archidiocèse d'Avignon et de ses anciens
     diocèses, Avignon et Lyon, 1938.

 

 

 

  

  Valorisation du patrimoine

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Enfin, elle participe aux différentes manifestations locales et nationales et entretien des relations amicales avec les associations ayant la même vocation culturelle.

 

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Elle réalise ses projets en articulant le travail de connaissance sur le terrain et dans l'histoire, menés au long de l'année avec ses adhérents, et le travail de restauration, effectué principalement l'été, par des chantiers de jeunes bénévoles.

 

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